C’est le titre du livre de Jean-Claude Kaufmann sur le consentement dans le couple, paru en 2020, soit 3 ans après l’affaire Weinstein et le début du mouvement MeToo, quelques mois après les (pas toujours enchantés) confinements du Covid19 et 6 ans avant la loi du 26 janvier 2026 qui met clairement fin au supposé « devoir conjugal ».
Il y a énormément à dire sur les pistes explorées par ce livre, notamment la fameuse « zone grise », immense no (wo)man’s land entre des lignes rouges indubitablement franchies et un consentement explicite, et les 3 « fables » que JC Kaufmann s’attache à déconstruire :
– non, ce n’est pas facile d’exprimer un non-consentement dans le couple ;
– non, ce n’est pas facile, malgré l’apparente libération et l’omniprésence de la sexualité dans notre paysage, d’avoir une sexualité épanouie dans le couple, et de le dire ;
– non, le désir des hommes et celui des femmes ne suivent pas toujours des trajectoires identiques dans le couple (quid des couples homosexuels ?).
BOUM.
Mais qu’en est-il dans l’intimité de nos cabinets de conseil conjugal et familial ?
Qu’est-ce que « consentir » à une relation sexuelle dans le couple, jour après jour, au fil des années ?
Que devient ce consentement face au double enjeu de la diminution/disparition du désir sexuel de l’un.e et du projet partagé de maintenir le couple, souvent aussi le socle d’une famille soigneusement contruite et satisfaisante ?
Quelle confrontation la « zone grise », où on ne dit ni oui ni non, permet-elle d’éviter ?
Si le livre a le mérite de présenter une enquête (sur la base d’une centaine de témoignages, ce qui est peu), et quelques pistes de solutions (« trahir ? », « couple ouvert », « parler », « choisir », « négocier », « s’accorder », « inventer »), je trouve dommage qu’il faille atteindre sa conclusion pour trouver mention du recours à une « médiation : amis, psychologue, conseiller conjugal, etc. », qui met sur le même plan amis et professionnels et omet les sexothérapeutes.
Oui, sexualité et consentement dans le couple constituent un sujet complexe qui peut nécessiter, lorsque l’on souhaite l’examiner avec courage, honnêteté et respect, l’aide d’un.e professionnel.le du lien qui aidera chacun.e à s’exprimer et proposera les mots qui, parfois, manquent cruellement.

