« Je savais qu’elle allait dire ça, je la connais par cœur ! »
C’est possible, je ne nie pas cette connaissance fine qu’on a de l’autre au fil des années.
Mais permettez-moi d’examiner un peu ce constat.
Je crois (en pouvant évidemment me tromper, c’est juste une croyance) que quand je « sais » ce que l’autre va dire, j’ai une influence sur ce qu’il/elle dit. Parce que si je « sais », avec une telle certitude, alors l’autre sait que je sais. Et il/elle donne la réponse que j’attends (même si ce n’est pas celle que je veux, je l’attends).
On appelle ça un biais de confirmation, mais à deux.
Il paraît que « notre cerveau préfère avoir raison que progresser » (François Barbet).
Si c’est vrai, quand je prononce cette phrase, je préfère avoir « deviné » la réponse de l’autre qu’entendre une autre réponse, qui me surprendrait.
J’ai raison, mais je ne laisse pas beaucoup de chances au changement que j’aimerais.
Alors, comment faire autrement ?
Ce que je suggère en thérapie de couple, ce n’est pas d’arrêter de vouloir avoir raison (ça peut être très difficile, selon votre histoire, de renoncer à ça), mais d’abord de vous en rendre compte.
Et à deux, bonne nouvelle, vous avez un.e assistant.e pour le faire : votre chéri.e.
La prochaine fois que l’autre vous dit « je sais ce que tu vas dire » ou « je savais que tu allais dire ça », « je te connais par coeur », demandez-lui s’il/elle préfère avoir raison ou entendre une alternative surprenante.
Et là, l’air de rien, vous commencez à travailler vos représentations enfermantes.
Photo Peteris Lehtla

