Et quelle question ! Depuis huit ans que je fais ce métier, je n’avais encore assisté à aucun atelier, formation, colloque, ni même lu aucun livre ou article sur cette question du polyamour.
En huit ans, seulement deux couples sont venus me consulter pour, ou avec cette question.
Serait-ce un tabou ? Les « pratiquant.es » n’auraient-ils pas besoin de consulter ? Ne suis-je pas identifiée comme compétente sur cette question ?
L’occasion s’est présentée, avec le 1er café « poly » de Guingamp organisé le 25 juin dernier, d’aller un peu réfléchir à tout ça.
Le fait est qu’après plus de deux heures d’échanges consistants avec des pratiquant.es et des non-pratiquant.es, des convaincu.es et des perplexes, je reviens avec plus de questions que de réponses.
« Elle est mignonne ! » vous entends-je marmonner, évidemment que ça pose plus de questions que ça n’y répond, un sujet pareil !
Mais les questions sont souvent bien plus utiles que les réponses, en thérapie de couple, parce qu’elles permettent justement d’aller visiter, éclairer ce que veut ce couple pour lui-même, indépendemment de ce qu’il croyait vouloir jusqu’à maintenant, de ce qu’il croyait devoir (par rapport au/à la partenaire, aux enfants, aux parents, à la société…)
LA question qui me reste entière : comment les polyamoureux.ses se débrouillent avec le « brouillage » des intimités, puisqu’ils et elles présentent leurs relations comme des relations durables (même si de durées variables) et engagées, c’est-à-dire dont ils et elles souhaitent prendre soin ? Alors que, dans ma représentation, qui ne vaut évidemment pas mieux qu’une autre, mais que je crois partager avec pas mal de collègues, c’est justement l’intimité unique du couple, qui repose sur l’exclusivité, qui nourrit l’engagement des partenaires à prendre soin de la relation. Est-ce possible avec plusieurs relations ? N’est-ce qu’une question d’énergie, de clairvoyance, de présence disponibles pour chacune d’elles, ou est-ce tout simplement impossible de donner à chacune ce que l’on donne à une seule, justement parce qu’elle est unique ?
Je m’arrête là pour aujourd’hui, mais il y a quantité d’autres questions qui mériteraient d’être explorées.
J’aimerais beaucoup savoir lesquelles vous vous posez, vous. Ou auxquelles vous savez répondre : nj-ccf@zaclys.net
Photo alleksana

